Village grec

Je suis assez curieux comme gars, en ce moment j’aime découvrir des films différents de pays dont je n’ai pas spécialement l’habitude de m’abreuver de la culture. Et hier j’ai décidé de regarder Canine, un film d’un type nommé Yorgos Lanthimos, prix Un Certain Regard à Cannes en 2009.

De la Grèce, je ne connais ni la langue, ni la culture, si ce n’est Demis Roussos et Nana Mouskouri (même pas Nikos, ayant arrêté TF1 depuis belle lurette), et une passion démesurée pour 300 (le comic book et le film). Tout ce que je sais de ce pays que je devine chaleureux et accueillant, c’est qu’il nous pompe tout notre fric et ne nous le rendra jamais, notez là au passage l’analyse économique de haute volée de votre serviteur.

Etant tombé un peu par hasard sur la jaquette dans mon vidéo-club (oui je vais encore au vidéo-club et le mien est top), j’ai décidé de lire l’accroche au dos, car la face avant n’attirait pas plus l’oeil que ça. Et là, j’ai senti le truc bien bizarre. Pas le truc auteurisant du couple qui se déchire dans un deux-pièces bourgeois. Non, le truc bien costaud qui s’accroche et qui te fait dire « oh-oh, pourquoi pas louer un Michael Bay à la place? »

L’histoire: une famille – un couple et trois post-ados – vivent dans une villa assez chic, grand jardin et piscine, complètement isolée du monde extérieur. Seul le père, gérant d’une usine, est autorisé à se rendre dehors pour le boulot. Seule une de ses employées  à le droit de pénétrer dans cette résidence, pour se faire pénétrer par le fils afin de satisfaire ses besoins vitaux.

Les enfants sont éduqués la journée par leur mère qui leur inculque un vocabulaire décalé (un « zombi » est une petite fleur). C’est donc leur vie dans leur bulle hors de tout que l’on suit, au rythme des règles plus qu’étranges en vigueur. Le film est très lent mais d’une beauté froide assez effarante. Tout est tellement tordu qu’on ne peut s’empêcher de suivre juste pour savoir où ça va nous mener. Tout est tordu, du vocabulaire (même si cette idée n’est pas exploitée comme elle aurait dû), aux situations, jusqu’au sexe bien évident. Et sans vouloir jouer le lombric lubrique, il semblait incontournable d’aborder la question du sexe. Et il y en a! Un peu dans tous les sens (et au moins pour une, pas simulée!) et c’est terriblement dérangeant mais ça ne pouvait que l’être. En un sens, c’est rafraîchissant (bien que tétanisant) car pas hypocrite comme l’aurait pu être un film hollywoodien sur une tribu vivant dans une forêt isolée par exemple.

Canine choque, dérange, multiplie les scènes coups de poing sans compromission et fascine tout en jouant avec un ridicule assumé, jusqu’au final énigmatique.

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